Certaines et certains d’entre nous ont, par méconnaissance ou par expériences malheureuses de clown de cirque (enfantines souvent) ou expériences cinématographiques terrifiantes et angoissantes, peur du clown.
Aussi, la réaction « classique » sera : « le clown ? Ah non, j’aime pas ! »
J’avoue qu’il y a une quinzaine d’années, ma connaissance du clown était pleine d’a priori. Mais c’était sans compter sur la découverte de cet art (« Tu devrais vraiment faire du clown ») singulier et étonnant qui m’a fait comprendre toute la richesse de sa pratique tant au niveau artistique que thérapeutique et plus généralement en termes de connaissance de soi.
Alors, de quel clown parle-t-on ?
Le clown que j’évoque et que je transmets dans un but artistique ou que j’utilise comme outil thérapeutique (la clown-thérapie ; en séances individuelles ou collectives) est le clown-théâtre contemporain.
Il n’a rien à voir (sauf le rire et le lien au public) avec le clown de cirque et ses gags par trop éculés ou le clown que je qualifierais de « détourné » provenant des films d’horreur tels que « ça » où le clown est maléfique et je dirais même flippant !
Le clown-théâtre contemporain est un moment suspendu d’expression de soi.
Vous créez votre personnage en fonction de :
- votre nature profonde
- votre personnalité
- vos ressentis et
- vos émotions
que vous pouvez amplifier à ravir – cela surgit parfois sans crier gare - et qu’importe le qu’en-dira-ton. Le clown est hors de portée des injonctions sociales ! Il ne se censure pas, pas question ! Et tout ceci, avec beaucoup d’auto-dérision.
Rien de tel que l’auto-dérision pour se découvrir et se re-connaître avec humour et humilité.
Car l’humour est un excellent mécanisme de défense psychologique. Il permet entre autres de lutter contre l’angoisse et l’anxiété. Donc, que ce soit à visée artistique ou thérapeutique, le clown dédramatise, nous fait observer nos modes de fonctionnement et nous fait évoluer !
Au sens propre, le clown s’habille de façon décalée (habits trop petits ou trop grands), surprenante (habits originaux), pétillante (ça brille et c’est chaleureux) et il se déshabille au sens figuré émotionnellement : il ose, montre, partage avec joie, tristesse, poésie, colère ou bagout et sans détour !
Alors, CAP ou PAS CAP ?